À quoi les difficultés à réguler le comportement ressemblent-elles ?

Les élèves qui éprouvent des difficultés à réguler leur comportement et leurs émotions peuvent :

  • Devenir extrêmement bouleversés quand ils sont requis de modifier leurs activités en salle de classe;
  • Se renfermer sur eux-mêmes quand il y a trop de bruit ou d’activité en classe;
  • Afficher des hauts et des bas émotionnels extrêmes;
  • Avoir des crises prolongées: cris, hurlements, coups de pied et coups de poing;
  • Se renfermer sur eux-mêmes quand ils sont réprimandés;
  • Dire ou faire des choses impulsivement, y compris ne pas respecter les règles et refuser de faire les choses que demande l’enseignant;
  • Voler ou prendre des choses qui ne leur appartiennent pas;
  • Mentir au sujet de ce qui s’est passé ou de ce qu’ils ont fait.

Les concepts clés suivants visent la compréhension chez les élèves qui éprouvent des difficultés à réguler leur comportement et leurs émotions :

1. Bon nombre des problèmes de comportements affichés par les élèves sont liés à d’autres domaines tels que :

  • le traitement sensoriel et l’intégration;
  • la communication et le langage;
  • la mémoire et l’attention.

Ainsi, la préoccupation première et primordiale pour soutenir le comportement positif des élèves est de structurer l’environnement pour éviter les défis de manière proactive.

 
 2. Les enseignants doivent prendre les moyens de créer un environnement de classe qui est physiquement et psychologiquement sécuritaire pour tous les élèves. Pour de nombreux élèves, il est bénéfique de se procurer les éléments suivants pour que les aptitudes puissent se développer :
  • une structure et une routine;
  • un environnement prévisible;
  • un sentiment de bienêtre.

Si un environnement répond aux besoins des élèves en matière de structure et de soutien, de nombreux problèmes de comportement peuvent être évités.

 
Comme déclare Weir, « La gestion du comportement qui consiste à prédire et à prévenir un comportement indésirable avant qu’il ne survienne n’est pas toujours possible, mais c’est une façon plus efficace de dépenser notre énergie que d’être toujours réactif. [Traduction] »
 
 3. Souvent, les problèmes de comportement qui sont affichés ne signifient pas que l’enfant a délibérément fait le choix d’être irrespectueux, non conciliant ou très émotif. Au contraire, ils sont dus à des différences neurologiques dans les zones du cerveau qui permettent le contrôle de nos émotions et inhibent nos réactions. Ainsi, les techniques classiques de traitement de ces comportements avec des conséquences ne sont souvent pas efficaces.
 

Le but des conséquences est de motiver la personne à faire quelque chose qu’elle est déjà capable de faire.

Par exemple, vous pouvez utiliser une conséquence positive comme des louanges ou un autocollant sur un diagramme chaque fois que l’élève « utilise ses mots » quand il est frustré avec un autre élève ou l’enseignant. En revanche, vous pouvez décider d’imposer une pause ou un temps de retrait si l’élève frappe un autre étudiant. Ces conséquences peuvent être efficaces pour motiver l’élève à se livrer à un comportement ou à s’en abstenir. Toutefois, si l’élève ne sait pas ce qu’« utilisez vos mots » signifie et n’a pas l’habileté nécessaire pour accomplir la tâche, aucun niveau de motivation ne sera efficace. En d’autres termes, ce n’est pas une question de « volonté » et plutôt, une question d’« aptitude. »

 

4. Le langage et la communication peuvent nuire à un étudiant pour une variété de raisons. Tout d’abord, si l’on dit simplement à l’élève ce qu’il doit faire, il est possible qu’il ne comprenne pas les instructions verbales. Des termes tels qu’« utilisez vos mots » et « calmez-vous » peuvent ne pas être compris. Deuxièmement, il y a une différence entre la mémoire verbale et la mémoire visuelle ou kinesthésique.

Les entraineurs sportifs sont très conscients de cette différence. Dire à une personne de faire quelque chose, comme frapper un coup de départ avec une balle de golf, ne veut pas dire qu’elle est en mesure de le faire en utilisant les mouvements appropriés recherchés. Ainsi, un élève peut être en mesure de dire à l’enseignant ce qu’il aurait dû faire et être encore incapable de le faire. Dans l’exemple au début de cette section, Kevin pouvait souvent expliquer qu’il devrait simplement s’en aller quand il est contrarié – pourtant, il ne le fait que très rarement.

 
5. Il est essentiel de trouver un comportement de substitution pour le comportement inapproprié et ensuite le mettre en pratique. Dire à un étudiant ce qu’ils ne sont pas censés faire n’est pas aussi efficace que de leur donner un nouveau comportement qui le remplacera. Certaines personnes ont besoin de s’exercer plusieurs fois à réagir de la manière souhaitée à des situations frustrantes ou bouleversantes avant de pouvoir le faire indépendamment et spontanément dans cette situation. Un enseignement efficace du comportement de substitution signifie qu’il faut répéter le comportement jusqu’à ce qu’il se transforme d’abord en une routine et devienne enfin un automatisme.

Certains élèves ont de la difficulté à faire le lien entre la cause et l’effet de sorte que même s’ils ont les aptitudes nécessaires à afficher le comportement recherché, l’utilisation des conséquences peut ne pas être efficace.

Il y a plusieurs raisons que certains élèves ont de la difficulté de comprendre les conséquences :

  • Premièrement, ces élèves qui ont un comportement impulsif ne pensent ni à la possibilité de conséquences ni aux implications de leurs actions.
  • Deuxièmement, les conséquences ne sont pas toujours liées aux comportements. On peut dire à un enfant : « Si tu jettes une boule de neige, quelqu’un pourrait être blessé. » ou « Ne cours pas au-devant de la circulation parce que tu pourrais être frappé. » L'enfant peut faire ces choses sans qu’il y ait pour autant des conséquences. À certains moments, il semble qu’il ne suffit pas d’avertir certains enfants de ce qui pourrait se passer: ils ont besoin d’expérimenter et de découvrir par eux-mêmes. Cela peut aboutir à des résultats graves.
  • Troisièmement, les situations ne sont jamais exactement les mêmes. Certains élèves ont un mode de pensée rigide et peuvent ne pas généraliser le comportement dans un contexte à un comportement identique ou similaire dans un autre contexte. Parfois, ces élèves généralisent trop bien; au lieu de se rappeler la règle, ils se souviennent de la seule fois où il y a eu exception à la règle.
 
Etoile

Important

Soyez très prudent lorsque vous utilisez les méthodes de modification du comportement, car elles s’appuient sur la croyance que l’élève fait implicitement le lien entre la cause et l’effet. Même les jeunes adolescents peuvent ne pas faire le lien entre l’idée de travailler pour gagner des points et l’accomplissement des tâches. Envisagez de structurer des situations afin d’induire les comportements recherchés chez les élèves et de faire immédiatement le lien entre les récompenses naturelles et les conséquences des comportements ciblés. L’utilisation d’un système de jetons, de points ou de récompenses offertes à l’avenir pourrait ne pas être efficace.

Il y a des moments où l’application des conséquences peut être utile :

  • L’application de conséquences positives, telles que les louanges et les récompenses concrètes, peut être très validant. Elle peut aider les élèves à prendre conscience de leur réussite et les aider à avoir une vision positive d’eux-mêmes.
  • Les conséquences positives peuvent être utilisées pour désamorcer un comportement.

Exemple

Henri s’est fait remarquer pour sa tendance à se mettre en colère très rapidement et à devenir ensuite agressif verbalement ou physiquement. Dans le cadre de son programme de comportement en matière d’aptitudes sociales, Henri reçoit un jeton chaque fois qu’il dit quelque chose de positif à quelqu’un. Un « scénario » d’énoncés possibles à dire a d’abord été développé et Henri travaille avec diligence à les dire. Une conséquence inattendue et positive de l’utilisation de cette stratégie est que chaque fois que les émotions d’Henri commencent à s’amplifier, la personne qui travaille avec lui « fait sonner » les jetons qui sont dans sa poche. Henri dit souvent quelque chose de positif à l’autre après avoir entendu les jetons et sa réactivité émotionnelle s’amenuise.